Studio Mule déterre un autre trésor issu de la riche histoire de la musique moderne japonaise. Cette fois-ci, des rythmes spirituels qui viennent de nul autre que Eitetsu Hayashi, l’un des batteurs de taiko les plus renommés du Japon, un instrument profondément enraciné dans la mythologie du folklore japonais. Avec Kaze No Shisha, Studio Mule réédite un album crucial de sa longue carrière commencée en 1971, lorsque Hayashi a rejoint le groupe de renommée mondiale, Ondekoza. Le « groupe de tambours démoniaques » a établi le taiko auprès d’un public mondial et a fait des tournées intensives à travers le monde entre 1975 et 1981 – année où le groupe s’est séparé. Peu de temps après, Hayashi forme un nouveau groupe, Kodo, troupe de tambours avec Hayashi comme batteur principal. Après leurs premières performances live, il quitte à nouveau la troupe, cette fois afin de lancer sa carrière solo, avec Kaze No Shisha comme première sortie en 1983. Les six compositions de l’album comptent Hayashi sur tambour taiko et autres percussions, le célèbre compositeur japonais Midori Takada aux marimba, cymbale et cloches, Shuichi Chino au synthétiseur, Chi Soungja sur la cithare traditionnelle coréenne gayageum et le tambour janggu coréen ainsi que les chanteurs Kamur et Tenko, également connu sous le nom de The Honeymoons. La face A du disque commence avec un son brutal et traditionnel sur « Kintonun », une mélodie dans laquelle Hayashi frappe le taiko tout en dansant avec charme en rythme sur la performance du tambour janggu coréen de Chi Soungja. Un départ propulsif qui glisse dans le « Cosmos » – un tranquillisant mélancolique trancefolk/ spirituel lent, avec Hayashi au piano et au koto, tandis que la cithare gayageum de Chi Soungja pleure à douce larme. L’ouverture de la face B « Kaze No Shisha » présente une performance à croissance lente de la part d’Hayashi sur la cithare japonaise koto. Son jeu nerveux se transforme en un drone de synthé joué par Shuichi Chino, qui laisse lentement place au tambour tribal taiko de Hayashi avant de disparaître à nouveau dans une nouvelle vague de notes de cordes koto. Le « Bakuon » qui suit se lance avec un son de transport supersonique et un chant lyrique des Honeymoons, qui se confond avec la performance fiévreuse de Hayashi sur son instrument principal, le taiko. Le finale « Seiten » se veut réconciliateur. C’est un album tout à fait captivant, désireux d’expérimenter, empli du mysticisme de la musique japonaise, d’ondes de choc non linéaires surprenantes, de structures minimales répétitives et de tambours frénétiques, qui en interaction introduisent un côté moins populaire de l’un des poètes du taiko les plus prolifiques du Japon.

  1. Kintonun
  2. Cosmos
  3. Kalavinka
  4. Kaze No Shisha
  5. Bakuon
  6. Seiten
Poids 0,46 kg
Format