High Vis s’est formé en 2016 des cendres de certains des meilleurs groupes de hardcore du Royaume-Uni. Les paroles angoissées du leader aux dents dorées Graham Sayle sur la vie de la classe ouvrière britannique seront familières aux fans du thrash effréné de Tremors, mais aux côtés de son ancien compagnon de groupe Edward ‘Ski’ Harper et des vétérans de Dirty Money, DiE et The Smear, High Vis a cherché à transformer cette énergie et cette intensité en quelque chose d’entièrement nouveau. Comme ses camarades de scène, Chubby and the Gang, l’ont fait en puisant dans les sources improbables du doo-wop classique, ou comme Micromoon l’a fait en combinant tout ce qui allait du psyché au métal dans un mélange surpuissant, le premier album de High Vis, No Sense No Feeling (2019), a montré que le groupe ne se laisserait jamais limiter par quelque frontière de genre. Son bruit de ferraille claustrophobique portait des traces de Joy Division, Bauhaus, Crisis, The Cure et Gang Of Four tapies dans l’ombre. Le deuxième album de High Vis, Blending, leur permet d’ouvrir leur champ de vision plus largement que jamais. En plus des favoris de longue date comme Fugazi et Echo and The Bunnymen, Ride et même Flock Of Seagulls ont été des points de référence communs pendant que le groupe travaillait ensemble sur l’album. De l’hymne d’ouverture « Talk For Hours », en passant par le tourbillon psychédélique de la chanson titre et le groove extra-large de « Fever Dream », on voit le son de High Vis s’épanouir en une œuvre d’une richesse illimitée. La dérive brumeuse de « Shame » ou le jangle mélodique de « Trauma Bonds » les emmènent peut-être dans des eaux inconnues, mais ils ont toujours la puissance et le mordant qui ont rendu No Sense No Feeling si remarquable. Sur le plan des textes, l’album représente également un autre bond en avant. Parlant franchement de la pauvreté, des politiques de classe et des défis de la vie quotidienne, les paroles de Sayle ont toujours parlé aux communautés opprimées et rejetées de Grande-Bretagne devenues invisibles. Cette fois-ci, Sayle n’a pas perdu cette conscience sociale, mais il s’est penché sur lui-même et sur son propre paysage émotionnel, et il a créé quelque chose qui semble plus universel, qui tend la main aux gens et donne finalement un message d’espoir: il ne faut pas se résigner à penser que notre milieu social nous empêche d’être ce que l’on veut. C’est un message d’une importance vitale et qui pourrait être la devise non seulement de Blending, mais aussi de High Vis eux-mêmes. Pour les fans de Chubby and the Gang, Oasis, IDLES, Gang Of Four, Fontaines D.C., The Stone Roses, The Cure (des débuts), Bauhaus, Fugazi.

  1. Talk For Hours
  2. 0151
  3. Out Cold
  4. Blending
  5. Trauma Bonds
  6. Fever Dream
  7. Morality Test
  8. Join Hands
  9. Shame
Format

, ,