Dans son nouvel album, Sylvan Esso transforme une vie passée à faire de la musique avec d’autres en une œuvre d’art que l’on adore, une chute libre tactile et envoûtante. Écrit sur quatre ans dans les bois de Chapel Hill (la plus longue période que le groupe n’ait jamais consacrée à la composition d’un album), Ow ∞ (prononcé « Ow Infinity ») dégage une intensité immédiate. La plupart des morceaux présentés ici sont les premières prises vocales de Meath, et la clarté ainsi que l’humanité de sa voix singulière ancrent l’album dans quelque chose de réel. Il est né d’une période d’expérimentation et de collaboration, aboutissant à une œuvre nerveuse, percutante et explosive où les chansons semblent vouloir se frayer un chemin à coups de griffes. Un totem en technicolor de la destruction personnelle, le sentiment d’être réduit en bouillie puis reconstruit en quelque chose qui semble presque humain, presque familier, mais aussi grotesque et nouveau, un sourire caricatural et burlesque imprimé sur une ruine. Une grande partie de l’album est née de l’improvisation, au cours d’heures passées dans leur studio « Betty’s », en Caroline du Nord, à trouver des rythmes avec des collaborateurs invités tels que Glenn Kotche (Wilco), Matt Douglas (The Mountain Goats), Jenn Wasner (Wye Oak, Flock of Dimes), Joe Westerlund (Megafaun), Jake Luppen (Hippo Campus, Samia), Daniel Aged (Frank Ocean, Dijon) et le batteur TJ Maiani (Weyes Blood, Neneh Cherry). « Ow ∞ » marque la première fois où Sylvan Esso s’est vraiment senti à l’aise avec ce qu’il fait : le duo a désormais identifié toutes les pistes lui permettant de prendre les rênes et de produire ses œuvres comme il l’entend, avec les personnes de son choix, dans son propre studio et via son propre label. Pour un album qui se débat autant avec la nature incontrôlable de la vie, il arrive à un moment où le duo a enfin le contrôle total sur ce que Sylvan Esso peut devenir.

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