Heusden Zolder

FormatPrixQté
37006047223801 M45TRupture de stock
Paru le 24 mai 2019
Les Lignes Droites opposent la brutalité du monde concret à une libération poétique des énergies. Le groupe parisien Les Lignes Droites porte finalement assez mal son nom. Car tout son propos est justement de vouloir échapper aux lignes droites du monde cartésien, à la linéarité fatale de la flèche du temps, pour restaurer, si possible, la vision courbe naturelle, le temps poétique et relatif de la subjectivité, ou encore le cercle de la communauté. « Trop d’angles, on s’étrangle », chantaient Diabologum en 1996 sur leur album terminal #3. Les Lignes Droites, depuis 2014, reprennent le flambeau électrique d’une révolte contre l’assujettissement des humains à l’objectivation positiviste, rationaliste et orthonormée d’une réalité que chaque jour dévoile un peu plus absurde et insensée. Comme le Sisyphe de Camus, Les Lignes Droites reconnaissent le caractère absurde de l’existence, et l’embrassent, en font une passion, pour chanter l’absence d’espoir (à ne pas confondre avec le désespoir), la réflexion permanente (à ne pas confondre avec le renoncement), et une insatisfaction toujours consciente (à ne pas confondre avec l’angoisse). Écrites à quatre mains, les paroles de leurs chansons évoqueront ici Michel Houellebecq, là Alain Bashung, la musique mariant la matérialité la plus brutale (rythmiques martiales et synthétiseurs kraftwerkiens) à un idéalisme débridé (chant volontiers chamane et guitares sans mors). Aussi ancrés dans le monde concret, mais sans cesse voulant s’en échapper, les cérémonies live des Lignes Droites évoquent parfois les prêches électriques de Nick Cave & The Bad Seeds ou des Swans, parcourues d’énergie brute, de nappes grondantes et d’explosions sonores, où le chant habité assume tour à tour désespoir, espoir, colère, désir. Sur disques (Pour que la Nuit Passe en 2015, Les Humains en 2016), et particulièrement sur ce nouvel EP, Heusden Zolder, ils font crier le monde des machines, des usines et des villes, et font sonner les mots, le chanteur reliant intentions et intonations, y posant d’inédits accents pour créer une sensualité nouvelle, une physicalité nouvelle, qui rappelle Daniel Darc ou Alan Vega. Heusden-Zolder est une ancienne ville minière belge, un espace de projection, un cadre fantasmé et muet. Les Lignes Droites se sont donnés comme vocation de faire bruire, sinon chanter, ce monde moderne du silence, en quatre chansons d’amour, que d’aucuns pourront entendre aussi comme des lamentations, des prières, ou des condamnations.
  1. Est-ce qu'on prend le temps
  2. Rêve Avéré
  3. Pliages