Une nuit de 1975, un avocat en droit fiscal à succès nommé Rafael Machuca a été subjugué sur la « Plaza de los Musicos » de Barranquilla. Du jour au lendemain, il est passé d’un poste de haut niveau au sein de l’administration fiscale colombienne à celui de gourou visionnaire de la production de sa nouvelle maison de disques, Discos Machuca, et pendant les six années qui ont suivi, il a consacré sa vie à la sortie de certains des albums les plus étranges et les plus expérimentaux de cumbia afro-psyché jamais produits. La Locura de Machuca est l’histoire de l’étrange odyssée d’un homme à travers la musique underground de la côte colombienne et sa contribution à mettre en lumière des sons sauvages et hypnotiques. L’industrie musicale colombienne était très florissante au milieu des années 70, mais alors que les airs de boléro et de vallenato locaux se vendaient bien, c’étaient surtout les disques africains importés qui enflammaient les picos (les sound-systems qui alimentaient les fêtes de quartier) et partout où ces disques étaient joués, il y avait toujours quelques groupes qui cherchaient à intégrer la cumbia traditionnelle à ces courants électriques venus de l’autre côté de l’Atlantique. Ce sont ces groupes obscurs, qui ont fusionné les rythmes colombiens et africains avec les orgues vrombissants et les guitares psychédéliques du rock underground, qui ont stimulé l’imagination de Machuca. Alors que le label gagnait de l’argent en sortant des tubes populaires de légendes comme Alejandro Durán et Aníbal Velásquez, cet argent était réinjecté dans une série unique de sorties expérimentales d’artistes marginaux comme La Banda Africana, King Somalie, Conjunto Barbacoa et Abelardo Carbono, l’un des pères fondateurs du champeta criolla. Lorsque Machuca ne trouvait pas de groupes pour réaliser son projet, il les créait lui-même. En s’appuyant sur une redoutable liste de musiciens associés au label, il a réuni des groupes qui ne se produisaient que le temps nécessaire à l’enregistrement d’un album et faisait paraître le résultat sous une série de noms différents comme Samba Negra ou El Grupo Folclórico, assorti de pochettes d’album tout à fait inhabituelles.  Cette approche peu orthodoxe a amené son ingénieur du son de longue date, Eduardo Dávila, à décrire les productions de Machuca comme les films de série B de la musique colombienne. L’histoire de Machuca et de ses exploits excentriques révèle celle d’une des maisons de disques les plus atypiques et les plus singulières de Colombie, un pilier essentiel de la psychédélie afro-caribéenne. Ses productions en sont venues à représenter les racines du son champeta et à établir les critères de base de l’avant-garde afro et costeño. Les dix-sept titres de La Locura de Machuca, récoltés dans les coins les plus sombres et les plus étranges du catalogue de Discos Machuca, sonnent comme peu de choses enregistrées avant ou depuis. Inclus un livret de 32 pages.

La nouvelle compilation du label Analog Africa regroupant 17 titres tirés du catalogue du label colombien Discos Machuca est disponible en support CD et double vinyle. Ce dernier vendu avec une pochette gatefold avec livret 16 pages.

    1. Eberebijara – Samba Negra 
    2. Monkey ́s Dance – King Somalie
    3. Tamba – El Grupo Folclórico
    4. El Campanero – Los Viajeros Siderales
    5. Ayu – Rio Latino (D.R)
    6. La Mazamorra Del Diablo – Aníbal Velásquez
    7. Mosquita Muerta – La Francachela
    8. Juipiti – El Grupo Folclórico
    9. Le Mongui – King Somalie
    10. El Tornillito – El Grupo Folclórico
    11. Long Life Africa – Samba Negra
    12. Te Clavo La…Mano – La Banda Africana
    13. El Platano – Myrian Makenwa
    14. Tucutru – El Grupo Folclórico
    15. Caracol – Grupo Bola Roja
    16. A Otro Perro Con Ese Hueso – El Grupo d‘Abelard
    17. Wabali – Conjunto Barbacoa

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