À bien des égards, la pop ressemble à l’architecture : certains bâtissent pour les foules, d’autres dessinent des refuges intimes. C’est dans cette seconde voie que s’inscrit Vincent Bestaven, artisan discret de la pop mélodique, révélé sous le nom de Botibol avant de rejoindre des figures d’une scène affranchie de ses complexes anglo-saxons (Petit Fantôme, Arthur Satan). Avec Géant Quotidien (2024), il signait son premier disque entièrement en français : une collection lumineuse, aux arrangements foisonnants, entre psychédélisme, bossa nova et library music, qui sublimait le quotidien avec douceur et poésie. Piano Piano en est la face nocturne, une œuvre spontanée et instrumentale, centrée sur le piano. Entre néo-classique et pop de chambre, Bestaven y explore d’autres sensibilités, toujours guidé par une écriture précise et inventive. On y croise les arpèges envoûtants de « Tous les Ponts », l’ombre ambient de « Sacres » ou encore l’élégance baroque de « Link tu es mon seul espoir ». Crépusculaire mais jamais pesant, Piano Piano suspend le temps et offre un terrain de rêverie à partager, loin du bruit du monde.

Poids 0,120 kg
Format