
« Un nouveau voyage créatif et sensuel où la musique brésilienne croise le son des boléros, du reggae, de la soul, de l’électro-pop, du psyché-rock et du rap dans des orchestrations millimétrées »
FIP (Sélection septembre)
(English version below)
En 2007, Céu sort son premier album éponyme, devenant l’une des rares artistes brésiliennes nommées pour un Grammy dans la catégorie World Music. Elle est à présent considérée comme l’une des artistes brésiliennes les plus influentes de sa génération. Avec six albums à son actif, Céu a transcendé les frontières, captivant des publics sur les cinq continents lors de festivals prestigieux tels que le Festival de jazz de Montréal, Coachella, Roskilde, Rock in Rio et Lollapalooza.
Son nouvel album Novela, enregistré aux États-Unis et co-produit par le musicien et producteur brésilien Pupillo (batteur de Nação Zumbi) et le multi-instrumentiste américain Adrian Younge (cofondateur de Jazz Is Dead), nous dévoile une autre facette de l’artiste. Une multitude de concepts émergent de Novela : des technologies anciennes, un pouvoir de guérison, une certaine onctuosité, des étoiles polies, des choses de la terre. On y trouve du boléro, du rap, des échos de musique soul. L’auteure réaffirme son intrépidité, son attachement à son époque, à la complexité et à la beauté de la création, en gardant toujours à l’horizon la diversité de la musique brésilienne.
– Quel est le premier disque que tu aies acheté et a-t-il une influence sur ta propre musique aujourd’hui ?
Je me souviens d’être allée dans ce magasin de vinyles dans le centre de São Paulo qui s’appelle « HI FI », j’avais pris un bus avec ma sœur et nous avions acheté le nouveau disque de Sade « Love Deluxe ». Je ne suis pas certaine que ce soit bien le premier, mais je me souviens de ce moment si clairement, et oui, d’une certaine manière, elle est une référence jusqu’à aujourd’hui pour moi.
– Comment écoutes-tu habituellement de la musique (numérique, CD, vinyle…) ?
Je ne suis pas très à l’aise avec le mode de vie du streaming, c’est un peu « trop ouvert », si tu vois ce que je veux dire. J’aime avoir un « projet », quelque chose de vraiment spécifique à écouter en profondeur. Le streaming a beaucoup changé la manière d’écouter la musique. Je n’aime pas avoir à faire à un écran de téléphone portable pour écouter de la musique, je déteste ça, en plus en tant que mère, je trouve que ce n’est pas bon pour mes enfants. Donc oui, j’écoute toujours beaucoup de vinyles et j’essaie en même temps de me sentir à l’aise dans le monde numérique.
– Y a-t-il un magasin de disques que tu aimes particulièrement et que tu pourrais nous recommander ?
À São Paulo, je recommande le magasin Petróleo Music, de mon frère DJ Nyack.
– Quelle est la chanson que tu écoutes en boucle en ce moment ?
N’importe quelle chanson d’Ana Frango Eletrico. Elle est géniale !
– Les « novelas » sont des séries télévisées romantiques diffusées sur les chaînes brésiliennes, peux-tu nous expliquer le titre «Novela »de ton nouvel album ?
Il y a quelque chose de tellement « latin » dans cette manière passionnée, mielleuse, intense de faire des réflexions au Brésil, sur la vie, le comportement humain, le fait de grandir, d’apprendre, l’amour. C’est tragique, c’est comique, parfois de bonnes histoires, de mauvais acteurs, de mauvaises histoires, de bons scénarios, etc, à l’image de la vie ici ! Et puis il y a aussi toute une « esthétique » que j’ai voulu aborder ! Ça m’inspire.
– Sur ce nouvel album, tu as confié la production au musicien et producteur brésilien Pupillo (batteur de Nação Zumbi) et au multi-instrumentiste et producteur américain Adrian Younge qui est aussi le co-fondateur du label Jazz Is Dead que nous distribuons, peux-tu nous dire ce que chacun d’eux a apporté par rapport à tes albums précédents ?
Pupillo me connaît par cœur, je cligne des yeux et il comprend déjà ce qui se passe à l’intérieur, mais il connaît aussi tellement de choses sur la musique, et il a un énorme talent de producteur. Il est aussi sans aucun doute l’un des meilleurs batteurs du Brésil en ce moment, donc j’adore travailler avec lui. Nous étions tous les deux super curieux et excités de travailler avec Adrian, nous l’avons rencontré dans une soirée à São Paulo, j’étais déjà passionnée par son travail, en particulier de l’album « Something About April » et de toutes ses collaborations rap. Ce fut une amitié instantanée, et nous avons commencé un projet musical ensemble qui est devenu mon nouvel album, réalisé à trois mains. Tout est analogique, super stimulant, et c’est pour cela que l’on sent la différence entre « Novela » et les autres. Travailler sans ordinateur me fait me sentir tellement vivante ! Il faut faire avec ce que l’on a à ce moment précis, tout est question de présence ! Pas de confort, pas de filtres, tout comme les albums qui m’ont formée en tant qu’artiste.
Bravo au gagnant tiré au sort qui recevra dans sa prochaine commande un test pressing du nouvel album ! « Novela » de Céu disponible en LP et CD via notre shop.
(English version)
– What is the first record you bought and does it have an influence on your own music today?
I remember going to this vinyl store in the center of São Paulo “HI FI” ,I took a bus with my sister and we bought Sade’ new release “Love Deluxe”
Not sure if it’s the first one, but I remember that so clearly, and yes, somehow she is a reference til these days to me.
– How do you usually listen to music (digital, CD, vinyl…)?
I’m not super comfortable with streaming way of life, it is kind of “too open”,if you know what a mean. I like to have a “project”, like, I específic thing to listen deeply. Streaming changed a lot the way of listening, I also don’t like to have to have a cel screen to get music, I hate that, also as mother, is not good for my kids.So yes I still listen vinyls a lot and still trying to get comfortable in digital world.
– Is there a record store that you particularly like that you could recommend to us?
In São Paulo, I would recommend Petróleo Music store, by my brother dj Nyack.
– What is the song that you listen to on repeat at the moment?
Any song by Ana Frango Eletrico. She is great!
– The « novelas » are romantic television series broadcasted on Brazilian channels, can you explain the title « Novela » of your new album?
There is something so “Latin” about this passionate, cheesy, intense way of doing reflexions in Brasil, about life, human behavior, growing, learning, love.Its tragic, its comic, sometimes good stories, bad actors, bad stories, good script,etc, just like living here! And also here, there is a whole “esthetic” that I wanted to approach! It inspires me
– On this new album, you entrusted the production to the Brazilian musician and producer Pupillo (drummer of Nação Zumbi) and to the American multi-instrumentalist and producer Adrian Younge who is also the co-founder of the label Jazz Is Dead that we distribute, can you tell to us what each one of them brought in comparison to your previous albums?
Pupillo knows me so much, I blink and he already understands what’s going on inside here, but also, he knows so much about music, and has such huge talent as producer. Also he is for sure one of the most relevant drummer in Brasil these days, so I love working with him. We both were super curious and excited to work with Adrian, we met him in a party in SP, I was already a enthusiast of his work specially “Something About April” and all rap collabs. It was instant friendship, and we started a music plan together that became my new album, made by our three hands. All analog, super challenging, and because of that, you can feel the difference from Novela, comparing to the others. Working without computers make me feel so alive! You have to deal with what you got in that very moment, its all about presence! No confort, no filters, Just like the álbuns that formed me as artist.