Les chansons de Kate Bollinger ont tendance à s’attarder bien au-delà de leur durée, remplissant l’espace négatif des jours ordinaires avec des mélodies charmantes et des phrasés intelligents. Elle les écrit chez elle, à Richmond, en Virginie, en laissant son subconscient la guider, un processus ouvert qu’elle compare à un rêve. D’une progression d’accords apparaît une phrase, mais elle dit que parfois les mots ne sont pas les siens, mais plutôt des formes qui se dessinent dans le ciel de l’esprit. Bien que nombre d’entre eux soient personnels, traitant des émotions qui surgissent lorsqu’on cherche sa place dans le monde, elle préfère qu’ils soient libres d’interprétation, afin de toucher les auditeurs à leur manière. Son univers musical est décontracté, tendre et sans prétention; il renferme une sensibilité intemporelle, un don d’auteur-compositeur pour remarquer les petites choses et leurs contrepoints. L’obscurité et la lumière, la douleur et le plaisir, la réalité et l’évasion. Tous ces éléments sont présents sur son nouvel EP, Look at it in the Light, son premier disque sur Ghostly International. Son projet est collaboratif ; elle tourne des clips avec ses amis et colore chacune de ses chansons folk-pop avec des musiciens de sa communauté. Avec ce groupe de musiciens agiles issus du jazz, elle a enregistré son premier EP, I Don’t Wanna Lose, en une seule journée, puis ils ont ralenti pour construire son EP A Word Becomes a Sound l’année suivante, en 2020. Kate a pris l’habitude d’écrire des paroles rapidement en observant son collaborateur de longue date John Trainum travailler avec des rappeurs en studio. Forcés de terminer son dernier EP en confinement, Kate, John et les musiciens ont repris avec enthousiasme les sessions au printemps 2021. Les paramètres étaient différents. Elle voulait prendre des décisions restrictives et s’y tenir, plutôt que de laisser les choses ouvertes. Elle voulait entendre certains défauts et certaines phases du processus. Inspirés par la musique des années 60 et 70, notamment beaucoup de vieilles démos des Beatles, ils se sont concentrés sur l’orientation et la clarté du son. Kate voulait être capable d’entendre la basse, la guitare, la batterie, les claviers, et que chaque instrument joue une partie singulière suffisamment bonne pour être autonome. Cette clarté se retrouve dans les thèmes de l’EP ; le titre Look at it in the Light fait référence aux aspects de sa vie qu’il faudrait qu’elle examine. D’une part, il y a sa résistance constante au changement – elle choisit de l’ignorer sur la chanson titre, alors que des riffs nerveux se synchronisent avec une batterie vive. Elle s’abandonne au confort sur « Who Am I But Someone », un morceau léger et doucement psychédélique qui évoque les mesures qu’elle est prête à prendre pour éviter d’avoir à déraciner les choses familières de sa vie. Elle a enregistré la démo avec John Trainum et le guitariste Chris Lewis, en s’appuyant sur une composition qu’elle avait écrite seule, puis en la complétant en studio avec le groupe au complet. Sur « Yards / Gardens », elle est en grande forme, enchaînant les couplets chargés d’incertitude sur une ligne de basse et un kick brillants et agiles. Enregistré lors d’une session aux Spacebomb Studios de Matthew E. White avec l’arrangeur Trey Pollard (Natalie Prass, Helado Negro), le titre « Lady in the Darkest Hour », soutenu par des cordes, est la déclaration la plus luxuriante de l’EP. Ici, ses lignes sonnent douces-amères mais rassurantes, portées par des envolées d’instrumentations aux couleurs dorées. À la recherche d’un sens, Kate reflète son sujet dans un discours radieux, en courbant les mots sur le rythme et la mélodie. Des abstractions feutrées de « I Found Out » aux soupçons mordants de « Connecting Dots », Kate Bollinger utilise chaque seconde de cet EP éblouissant pour trouver son équilibre au milieu des balancements constants de la vie.

1. I Found Out
2. Who Am I But Someone
3. Look at it in the Light
4. Yards / Gardens
5. Lady in the Darkest Hour
6. Connecting Dots

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