Originaire du Texas et installé à Seattle, Jeff McIlwain s’est constitué sous le nom de Lusine l’une des discographies les plus diverses de ces quinze dernières années, brouillant sans effort les frontières entre techno, electro-pop et composition expérimentale. Quatrième album pour Ghostly, Sensorimotor diffuse les penchants pop de The Waiting Room (2013) dans des mélodies plus opaques et brossées, portées par des productions aériennes. Le titre puise dans un double sens : le littéral, l’intégration des sens et des actions, comme les oiseaux qui se déplacent en nuées avec une fluidité fascinante. Le symbolique, plus difficile à formuler selon McIlwain lui-même, renvoie à la question du contrôle sur sa propre production artistique – ce qu’on doit contraindre, et ce qu’on laisse à l’instinct. L’album s’ouvre sur « Canopy », qui se construit lentement en un nuage de carillon et de bourdonnement, avant de laisser place à « Ticking Hands », écrit avec sa femme Sarah comme catharsis des absences liées à la tournée. Benoît Pioulard et Vilja Larjosto font également leur apparition, leurs voix traitées et tordues dans le tissu des productions. Travaillant avec un MPC1000, un Prophet 5 emprunté, des percussions, un glockenspiel, des field recordings et des samples d’instruments live, McIlwain fusionne monde numérique et monde réel. De « Chatter » et ses samples à la Terry Riley aux synthés grand format de « The Lift », Sensorimotor reste étonnamment cohérent du début à la fin – une bande-son pour l’imagination de l’auditeur autant qu’un album de Lusine.
Sensorimotor (10Th Anniversary Edition)
| Format | Prix | Qté | |
|---|---|---|---|
| 0804297828732 | 2 LP Noir et Blanc | 40,80€ |




