Le thème de cet album est le gothique, un sujet qui me tient peut-être plus à cœur que n’importe quel autre album de Mountain Goats. Et même si John écrit les chansons, comme toujours, on a plus que jamais l’impression qu’il parle au nom de chacun d’entre nous dans le groupe, anciens gothiques (je lève la main) ou non, car ce sont des chansons qui abordent une identité souvent associée à la jeunesse avec une perspective résolument adulte. Quiconque a l’âge d’avoir déjà vécu ce sentiment d’être perdu dans un paysage culturel soudainement incompréhensible comprendra, par exemple, Pat Travers débarquant à un concert de Bauhaus pour improviser. Mais sous cette apparente légèreté, transparaît une réelle tendresse et une grande solidarité envers nos anciens compagnons de route, ces amis dont les groupes n’ont jamais percé, ces Gene Loves Jezebel de ce monde, ceux dont les aspirations gothiques ont été rattrapées par les réalités de la vie, ou leur contraire. On en parle souvent : la chance et la gratitude que nous avons de partager ce travail, une carrière devenue bien plus enrichissante et épanouissante que nous n’aurions pu l’imaginer. Nous savons tous à quel point les choses auraient pu facilement mal tourner, et ce fut d’ailleurs le cas pendant longtemps. – Peter Hughes, 2017
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