L’enregistrement de son premier album, The Knife, The Needle, a été un processus de guérison pour Elanor Moss après deux EP remarqués, Citrus (2022) et Cosmic (2023). Déçue par une période d’expérimentation sonore trop chargée, l’artiste a choisi de revenir à ses racines folk contemporaines en privilégiant la lenteur et l’introspection. En s’appuyant sur la thérapie et l’utilisation d’un magnétophone quatre pistes, elle a exploré son histoire familiale et la complexité des relations humaines. « Sarah Waiting in the Car » donne le ton, avec le jeu de guitare délicat et contemplatif d’Elanor et les subtiles interventions de l’ensemble de Matthew Herd – Marcus Hamblett (cor), Jool Owen (cor), Andrew Stuart-Buttle (violon), Reid Jenkins (violon), Linus Fenton (contrebasse) et Herd (saxophone) – qui embellissent ses paroles d’une gravité déchirante, tandis que le récit passe d’une rencontre dans un bar aux conséquences d’une relation abusive, la douceur se muant en violence. À travers des morceaux comme « Fixer », Elanor examine comment l’amour peut tour à tour blesser ou réparer, transformant symboliquement le couteau en aiguille pour recoudre les plaies. Après avoir abandonné une première version enregistrée à New York, elle a choisi de réenregistrer l’intégralité de l’œuvre dans les Highlands écossais avec le producteur Pete Miles. Ce choix risqué a permis de faire émerger un son plus calme, étrange et typiquement anglais, révélant toute l’étendue de son talent. Finalement, The Knife, The Needle s’impose comme une œuvre d’une grande vulnérabilité où chaque blessure partagée se transforme en une poésie lumineuse portée par la voix et la guitare de l’artiste.

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